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Nazîh Abou Afach

• La vie attend tes rêves
Laissez respirer la terre
Par hasard vivants
ô temps étroit... ô vaste terre


Nazîh Abou Afach est un des poètes syriens les plus représentatifs de sa génération : son écriture en perpétuel renouvellement est caractéristique d'une profonde liberté stylistique et de pensée. Né en 1946, Nazîh Abou Afach a été instituteur, lecteur de manuscrits au Ministère de la Culture puis aux éditions al-Madâ. Depuis 1968 il a publié près d'une vingtaine de recueils. Parallèlement à l'écriture, il se consacre à la peinture et à la musique.
Le prix du Sultan al-Owaïs / Dubaï pour la poésie lui est décerné en 2013.

La vie attend tes rêves
poèmes traduits de l'arabe (Syrie) par Claude Krul

alidades, collection ’Création’, 2016.
12,5 x 21 cm, 44 pages, cahier, 5,70 €, ISBN 978-2-919376-45-2

Les poèmes de ce recueil sont extraits d’un ensemble inédit de quelque trois cents textes rédigés de septembre 2013 à septembre 2014 dans la souffrance et le désarroi d’un monde qu'emporte une guerre dont nul aujourd’hui n’ose prédire la fin. Le ton est grave, inquiet, empreint de colère et d'impuissance, mais tout autant porteur de cette forme d'humour lucide et désabusé qui caractérise Nazîh Abou Afach. Chaque poème porte une date : c'est que l'écriture construit jour après jour, sinon heure par heure, une sorte de journal de survie mentale et maintient vaille que vaille la si nécessaire possibilité d'adresser, encore, la parole à quelqu'un.

Nous remercions Claude Krul, la traductrice, et Nazîh Abou Afach, de la confiance qu'ils nous témoignent en nous permettant d'assurer l'édition en français de ces poèmes.

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MESSAGE

 

«Non, non! Je ne flaire aucune odeur annonçant ma mort prochaine,
mais je ne sais comment expliquer ce qui m’arrive:
n’importe quoi, un mot, une caresse ou une gifle, le babil d’un
oiseau, un nuage qui passe, une aile de papillon, un pétale de rose …,
n’importe quoi, même menu et fugace,
me porte au bord des larmes.
Non, non! Je ne sais pas.
Un message, peut-être?»

21/06/2014

 

Laissez respirer la terre
poèmes traduits de l'arabe (Syrie) par Claude Krul

alidades, collection ’Création’,
12,5 x 21 cm, 48 pages, cahier, 5,70 €, ISBN 978-2-919376-23-0

Les 37 poèmes rassemblés ici proviennent d'un ensemble de près de 450 textes encore inédits en arabe dont la rédaction débute au mois de février 2011 et qui constitue ce que Nazîh Abou Afach appelle un “journal inachevé”.
Il va de soi que cette production poétique impressionnante est liée aux événements dramatiques que traverse la Syrie, avec tout ce qu'ils engendrent d'angoisse, de peur, de questionnement de la part de ceux qui les vivent en continu, ignorants de ce que sera leur plus proche avenir. On ne s'étonnera donc pas de la gravité souvent poignante de ces pages. Mais qu'au moins on y découvre ce que la poésie peut avoir parfois de nécessaire.

 

ELLES ME MANQUENT

 

Oui, je pars en exil.
De bon gré, avec mon dénuement et les raisons de ma peur: je pars en exil…,
exil que je déteste et crains tout autant que j’en attends la clémence.
Je pars dans l’obscur.

Beaucoup de choses me manqueront (non, pas mes frères, ni mes amis,
ni les cantiques annonçant la justice et la splendeur de l’éternité),
de toutes petites choses, des choses vraies, généreuses, réelles, misérables et ingénues, sans rêves (comme si elles pouvaient en avoir!),
sans rêves d’inéluctable justice ni de salut dans la beauté et l’amour.
Des choses précieuses …, comme la musique ;
modestes…, comme une bulle d’oxygène dans le sang.
Des choses troublantes…, qu’on désire quand elles sont absentes et que personne
ne voit quand elles sont là.

Beaucoup de choses me manqueront.
Par exemple: les fleurs toutes sages de chez moi
qui périront de désespoir, de froideur, de la soif d’amitié et de bonté
dont souffre toute faible créature.

Par exemple: les lampes.
Les lampes qui craignent leurs ténèbres.
Les lampes enfin convaincues que n’ayant pas besoin de beauté,
le monde n’a pas besoin de lumière.

(...)

Un jour je rentrerai (demain ou dans une génération).
Un jour j’emballerai mes maladies, ma peur, de quoi couvrir mon corps…
Je rentrerai.
Mais d’ici là peut-être,
le monde aura fini de s’anéantir.

Je rentrerai, sans vêtements de deuil ni fleurs de condoléances
et j’irai dans un cimetière.

26-10-2012

Par hasard vivants
poèmes traduits de l'arabe (Syrie) par Claude Krul

alidades, collection ’Création’,
12,5 x 21 cm, 44 pages, cahier, 5,50 €, ISBN 978-2-906266-90-2

Ce deuxième recueil publié par nos soins réunit des poèmes écrits entre 2003 et 2009, dont certains sont inédits en arabe. Nazîh Abou Afach y aborde les questions essentielles à ses yeux – l'âge et l'amour, la poésie, le sens des gestes quotidiens – mais aussi s'interroge sur son identité de chrétien. Le vers, ciselé, rythmé, précis, ample aussi parfois et lyrique sert autant l'élégie que l'ironie, le désenchantement et le doute que la colère. Cette poésie est assurément porteuse d'une rumination authentiquement humaine.

Creusez le tunnel...
bas, plus bas,
jusqu'au tréfonds de la terre,
au tréfonds de l'aventure,
du péché,
au tréfonds des prophéties et des croyances,
du germe des espèces premières :
l'homme fuit sa cage
et voudrait le secours de l'oubli.

"Nazîh Abou Afach (...) écrit de courts récits, des saynètes, adresses, fables et paraboles (contre-paraboles), autant de fragments d'une méditation très personnelle, morale, et politique à sa façon." Jean-Charles Depaule, Cahier Critique de Poésie, n° 21.

 

O temps étroit... ô vaste terre
poèmes traduits de l'arabe (Syrie) par Claude Krul

alidades, collection ’Création’,
12,5 x 21 cm, 40 pages, cahier, 5,00 €, ISBN 978-2-906266-51-3

La poésie de Nazîh Abou Afach, qui à ce jour n'a jamais été publiée en français, se caractérise par sa liberté de ton, son refus des carcans stylistiques, tout autant que par une fraîcheur d'écriture qui lui confère la force de la sincérité. Abou Afach, de toute évidence, plie son écriture à ce qui le travaille, manie tendresse, ironie, désabusement, espoir, révolte et sensualité avec une grande simplicité qui de fait le dispense de toute affectation poétique.

Cette verdure, sève généreuse de la vie,
je la connais :
vert de la désolation
vert du désir
vert des soupirs
vert sanglot
ruisselant, céleste,
sombre, sur la terre.

 

 


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