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Sergueï Essénine

L'inonie
Pougatchev

La Ravine (éditions HARPO &)

Chemin des livres n° 16


L’Inonie
bilingue, traduit du russe par Christian Mouze
alidades 1998, collection ’Petite Bibliothèque Russe’,
14,5 x 21 cm, 44 pages, 5,30 €, ISBN 978-2-906266-26-1

Ce qui distingue Essénine, c’est une force de rupture spirituelle et sociale qui se traduit dans une parole écartelée entre l’imprécation et le blasphème et la nostalgie de la sérénité perdue liée aux origines rurales du poète. L’écriture est extrêmement tendue, la langue violentée parfois et si le souci de l’image demeure, c’est celui d’une image pervertie, retournée jusque contre elle-même. D’où une tonalité très dramatique et révélatrice d’un profond désespoir. L’ Inonie, précédée de Octoèque et suivie de L’homme noir, est ici donnée dans son intégralité.

Extrait :

Terrible aboiement des cloches de la Russie —
C’est que pleurent les murs du Kremlin.
À présent sur les pics des étoiles,
Je te soulève, terre!

Je m’étendrai jusqu’à l’invisible cité,
Je déchirerai le drap de la Voie Lactée,
Même à Dieu j’arracherai la barbe
Avec les dents de mon rictus.

J’empoignerai sa blanche crinière
Et lui crierai d’une voix de tempête :
Je ferai de toi un autre, Seigneur,
Pour que mûrisse le champ de mon verbe!

Je maudis le souffle de Kitèje
Et tous les vallons de ses routes.
Et je veux que sur des gouffres
Nous érigions un palais.

Je lècherai toutes les icônes,
Les faces de martyrs et de saints,
Je vous promets la cité d’Inone
Où vit le dieu même des vivants.

(L’Inonie, 2, extrait)


Pougatchev
traduit du russe par Victoria et Guy Imart, présentation de Michel Niqueux.
alidades 2005, collection ’Petite Bibliothèque Russe’,
14,5 x 21 cm, 48 pages, 5,50 €, ISBN 978-2-906266-64-3

Franz Hellens et Marie Miloslawsky firent paraître en 1926 la première, et unique, traduction française du Pougatchev d'Essénine, reprise depuis par divers éditeurs. Sans doute les difficultés propres à ce texte au rythme savamment travaillé, où les niveaux de langues s'entremêlent dans un tissage poétique virtuose, ont-elles représenté un obstacle jugé infranchissable à une nouvelle transposition en français. Et pourtant, selon l'expression de Trotski, qui estimait et protégeait Essénine, Pougatchev "est Essénine de la tête aux pieds" ; toute sa poétique y est convoquée et le drame psychologique qui émonde octobre autant que la Révolution puise aussi bien aux sources littéraires qu'aux traditions populaires et à cette extraordinaire sensibilité aux choses de la nature qui traverse et nourrit toute l'œuvre du poète.

La présente traduction a su concilier avec bonheur la très grande fidélité au propos d'Essénine et l'exigence rythmique sans laquelle le texte ne saurait tenir. C'était une gageure ; c'est aussi, pour les lecteurs d'Essénine, un événement.

Extrait :

Non, non et non ! Je ne veux pas mourir.
Ces oiseaux planent en vain au-dessus de nos têtes.
Je veux encore, comme un adolescent, gaulant le bronze des tremblaies

Leur présenter la paume de mes mains jointes – blancs calices séreux.Comment cela, la mort ?
Cette pensée pourrait-elle se loger en mon cœur
Alors que j’ai dans la province de Penza une maison à moi ?
Je languis du soleil, je languis de la lune,
Du peuplier qui coiffe la lucarne.
Les bosquets, les torrents, les steppes, la verdure
Ne sont bénis que pour les seuls vivants.
Ecoute : je me fous bien de l’univers entier
Si je devais, demain, ne plus être de ce monde.
Je veux vivre, vivre, vivre,
Vivre à en avoir mal, vivre à en avoir peur !
Même en coupeur de bourses, même en traîne-misère.
Mais au moins voir gambader dans les champs les gais mulots,Entendre au moins au puits des grenouilles la chorale ravie.
Mon âme candidement bourgeonne – blanche fleur de pommier.

La brise a attisé un feu bleu dans mes yeux.
Instruisez-moi, au nom des cieux,
Instruisez-moi : me voici prêt à tout,
Prêt à tout afin de résonner au jardin des humains.


La Ravine
bilingue, traduit du russe par Jacques Imbert
Harpo & 2008, imprimé en rouge et noir
16 x 22 cm, 160 pages, broché, cousu fil.
ISBN 978-2-913886-63-6
. 30,00 €.

La Ravine ? Un village près de Riazan, où Essénine passa une bonne partie de son enfance. La Ravine ? Métaphore du monde ou de notre terre peuplée d'êtres complexes aux exigences essentielles. La Ravine ? L'histoire de "cette unique crevasse d'où l'on admire les astres."

Traduit pour la première fois en français près d'un siècle après sa parution du vivant d'Essénine, ce récit est une épopée de la terre russe, un poème par sa langue, un opéra presque par sa construction. La traduction de Jacques Imbert est remarquable, l'édition est somptueuse. Un livre rare, et d'un intérêt essentiel. (à commander en librairie ou directement aux Editions HARPO &, chemin du Mauvais pas, 13008 Marseille. tel/fax : 04 91 72 58 95)


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