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Alexandre Pouchkine

Le Comte Nouline
Le coup de pistolet
• Le maître de poste
• Le cavalier de bronze
• La tempête de neige
• Le fabricant de cercueils
La demoiselle paysanne



Le Comte Nouline ; Le Coq d'Or
poèmes narratifs.
édition bilingue. Traduction de Christian Mouze.

alidades 2016, collection ’Petite Bibliothèque Russe’, cahier de 12,5 x 21 cm
44 pages, ISBN 978-2-919376-42-1, 5,70 €

Le comte Nouline (à propos de quoi le poète doit affronter les accusations d’immoralité), c’est le tableau d’une Russie reculée, aristocratique et provinciale, déjà quelque peu bousculée dans ses certitudes et ses moeurs. L’ironie est qu’elle l’est ici par un gandin dont le nom porte à lui seul toute la nullité : noul en russe c’est le zéro.
Le coq d’or (1834). Dans ce second récit, à travers une leçon de bon sens (la parole donnée ne l’est jamais sans conséquence), Pouchkine invoque en fait la justice sur la toute puissante autocratie.

«Vous vous demandez: qui est-ce ?
Comte Nouline, revenu de l’étranger,
Où il s’est ruiné dans le tourbillon des modes
Et endetté sur ses revenus à venir.
Il se rend à Pétropole dans le but
De s’exhiber comme une bête curieuse,
Avec tout un stock de fracs et de gilets,
De chapeaux, d’éventails, de manteaux, de corsets,
D’épingles et de boutons de manchettes,
De faces-à-main, de foulards de couleur,
De bas à jours,
Et un horrible ouvrage de Guizot,
Un cahier de méchantes caricatures,
Le nouveau roman de Walter Scott,
Les bons mots des salons parisiens,
Les dernières chansons de Béranger,
Les compositions de Rossini et de Paër,
Etc. Etc.»





Le coup de pistolet
nouvelle tirée des Récits de feu Ivan Petrovitch Belkine
édition bilingue. Traduction de Jacques Imbert.

alidades 2007, collection ’Petite Bibliothèque Russe’, cahier de 12,5 x 21 cm
40 pages, ISBN 978-2-906266-70-4, 5,00 €

"Je tenais enfin sa vie entre mes mains ; je fouillais du regard son visage, essayant d'y saisir l'ombre d'une inquiétude. Il était là, debout, à la merci de mon pistolet, triant dans sa coiffure les cerises mûres dont il crachait les noyaux jusqu'à mes pieds. Son sang-froid me mit en rage. Quel intérêt, pensais-je, de lui ravir la vie, alors qu'il n'y attache aucun prix ? Une idée perverse me vint à l'esprit. "Vous ne semblez pas pour l'instant d'humeur à mourir, lui dis-je ; déjeunez, s'il vous plaît, je ne saurais vous en empêcher". "Vous ne me gênez nullement, répliqua-t-il ; tirez, je vous en prie ; d'aileeurs c'est votre tour et je demeure à votre disposition". Je déclarai aux témoins que je n'avais pas aujourd'hui l'intention de tirer, et le duel s'acheva là-dessus.
Je pris ma retraite et me retirai dans ce coin. Il ne s'est pas passé un jour depuis, sans que je repense à ma vengeance. Maintenant mon heure est venue..."

 



Le maître de poste
nouvelle tirée des Récits de feu Ivan Petrovitch Belkine
édition bilingue. Traduction de Jacques Imbert.

alidades 2009, collection ’Petite Bibliothèque Russe’, cahier de 12,5 x 21 cm
36 pages, ISBN 978-2-906266-89-6, 5,00 €

"C'était bien Samson Vyrine, mais comme il avait vieilli! Tandis qu'il enregistrait ma feuille de route, je regardais ses cheveux blancs, les rides profondes d'un visage qu'il n'avait pas rasé depuis longtemps, son dos voûté, et j'avais du mal à croire que trois ou quatre années avaient pu faire de cet homme vigoureux un vieillard chétif.
– M'as-tu reconnu ? lui demandai-je. Nous sommes de vieux amis.
– Peut-être bien, répondit-il grincheux. Je suis sur la grand route ici ; il y a beaucoup de passage.
– Comment va ta Dounia ?
– Allez savoir! dit le vieux en se renfrognant.
– Elle est certainement mariée ?
Comme s'il n'avait rien entendu, le vieux continuait à marmonner tout en lisant ma feuille de route. J'arrêtai mes questions et commandai le thé. Ma curiosité était piquée et je comptais sur le punch pour délier la langue de mon ami.”

 



Le cavalier de bronze
poème, édition bilingue. Traduction de Guy Imart.

alidades 2010, collection ’Petite Bibliothèque Russe’, cahier de 12,5 x 21 cm
44 pages, ISBN 978-2-906266-93-3. 5,50 €

Guy Imart propose une nouvelle traduction du plus célèbre des poèmes de Pouchkine. Le propos de Pouchkine est pour le coup rendu à la lettre, ce que n’importe quel traducteur peut faire armé de bons dictionnaires mais qui n’est rien sans que soient restitués le souffle de l’œuvre, sa respiration profonde, son balancement, pourrait-on dire, naturel. Le lyrisme dramatique de Pouchkine est servi à merveille par la sorte de halètement syncopé qui caractérise la traduction de Guy Imart. La violence des flots qui se déchaînent devient sensible, le trouble puis la déroute des pensées d’Evguéni, sa fuite insensée devant le cavalier grandiose et terrible se matérialisent dans la rupture des vers, la succession des rejets, comme si la traduction retrouvait dans le russe le mouvement de la pensée créatrice de Pouchkine.

“Evguéni fuit sur la place désertée
Et il croit entendre à ses trousses
Tel un sourd grondement de foudre
La cavalcade sonore et lourde
De sabots qui martèlent la chaussée ébranlée.
La dextre sur lui levée
Le Cavalier de Bronze
Qu’éclaire la lune blême
Sur son coursier qui caracole
Galope à sa poursuite.
Tout au long de la nuit
Où qu’Evguéni portât ses pas
Le Cavalier de Bronze
Força, traqua inexorablement
De ce pesant martèlement
Le pauvre halluciné.”

"...on admirera le rendu subtil, euphonique et rythmé du traducteur." Philippe Di Meo, Cahier Critique de Poésie, n° 21.



La tempête de neige
nouvelle tirée des Récits de feu Ivan Petrovitch Belkine
édition bilingue. Traduction de Jacques Imbert.

alidades 2011, collection ’Petite Bibliothèque Russe’, cahier de 12,5 x 21 cm
40 pages, ISBN 978-2-906266-99-5, 5,00 €

"Je vous aime, dit-il, je vous aime passionnément... (Maria Gavrilovna rougit et baissa encore plus la tête). J'ai agi avec imprudence en me laissant aller à vous voir et à vous entendre tous les jours... (Maria Gavrilovna pensa à la première lettre de Saint6Preux). Maintenant il est trop tard pour résister à mon destin ; le souvenir que j'emporte de vous, votre charmante et incomparable personne, seront désormais le tourment et la joie de ma vie ; mais il me reste encore à accomplir un pénible devoir, vous confier un terrible secret qui dresse entre nous une barrière infranchissable..."




Le fabricant de cercueils
nouvelle tirée des Récits de feu Ivan Petrovitch Belkine
édition bilingue. Traduction de Jacques Imbert.

alidades 2012, collection ’Petite Bibliothèque Russe’, cahier de 12,5 x 21 cm
28 pages, ISBN 978-2-919376-11-7, 4,50 €

Nous poursuivons, avec ce quatrième titre, la publication des «Récits de feu Ivan Petrovitch Belkine» dans la traduction que nous en avait confiée Jacques Imbert, qui s’est éteint au mois de mai 2011. On retrouvera ici le soin de ses traductions et leur beauté discrète, toujours guidées par le souci de servir au plus près le style de l’auteur.

«Tu ne m’as pas reconnu, Prokhorov, dit le squelette. Tu ne te souviens plus de Piotr Pétrovitch Kourilkine, ancien sergent de la Garde; tu lui as vendu en 1799 ton premier cercueil, en sapin pour du chêne?» Là-dessus, le mort lui tendit, pour l’étreindre, les os de ses bras, mais Adrian rassembla toutes ses forces, poussa un cri et le bouscula. Piotr Pétrovitch chancela et tomba en morceaux. Une rumeur d’in-dignation s’éleva parmi les morts; tous prirent la défense de leur camarade, accablèrent Adrian d’injures et de menaces, si bien que le pauvre maître des lieux, abasourdi par leur grogne et quasiment étouffé, perdit contenance, s’écroula sur les ossements de l’ancien sergent de la Garde et s’évanouit.»

 



La demoiselle paysanne
nouvelle tirée des Récits de feu Ivan Petrovitch Belkine
édition bilingue. Traduction de Jacques Imbert.

alidades 2012, collection ’Petite Bibliothèque Russe’, cahier de 12,5 x 21 cm
44 pages, ISBN 978-2-919376-17-9, 5,50 €

Dernier des « Récits de feu Ivan Petrovitch Belkine», La demoiselle paysanne, idylle villageoise reprenant les thèmes du déguisement et du quiproquo tels que les a légués le dix huitième siècle, donne à Pouchkine l’occasion de s’en amuser avec l’ironie qu’on lui connaît, mais surtout de les revisiter en une narration directe, débarrassée des minauderies tant en vogue à son époque, servie par une langue qui donnera assurément à la littérature russe le fondement sur lequel elle s’épanouira.

«Ceux de mes lecteurs qui n’ont pas vécu à la campagne ne peuvent se figurer comme ces demoiselles de chef-lieu de canton sont adorables ! Elles ont respiré l’air pur, elles ont grandi à l’ombre des pommiers de leurs vergers ; elles ne tirent pas des livres leur connaissance du monde et de la vie ; l’isolement, la liberté et la lecture épanouissent tôt en elles des sentiments et des élans ignorés de nos beautés frivoles. Un simple tintement de grelots est déjà pour elles une aventure, un voyage à la ville voisine marque une époque dans leur vie, le passage d’un visiteur leur laisse un souvenir durable, voire éternel. Certes, on aura beau jeu de rire de certaines de leurs bizarreries, mais les railleries d’un observateur superficiel ne leur enlèveront pas leurs qualités essentielles...»

 


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